Se reconvertir de manière volontaire

Reality diverChanger de métier est un rêve pour certains salariés et une épreuve pour d’autres. Selon Yves Barou, président de l’AFPA, « les Français qui veulent se reconvertir volontairement et en profiter pour rebondir se plaignent de ne pas être vraiment aidés en matière d’orientation et ont des difficultés à décrocher une formation. » 

Franchir l’étape du recrutement

Qu’entend-on par reconversion professionnelle ? Se reconvertir, c’est comme sauter dans l’espace sans combinaison. « Le marché du travail étant ce qu’il est en France, le choc est violent quand on n’est pas préparé », a expliqué Jean-Christophe Sciberras, président de l’ANDRH (Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines). « Dans notre modèle basé sur le modèle du CDI à vie, la reconversion qu’elle soit subie ou choisie est une option considérée comme risquée. Heureusement, la rupture conventionnelle permet de tenter le saut puisqu’elle donne une garantie par rapport à l’assurance chômage. » 

La reconversion, une forme de déclassement ? 

« Tout incite dans le système français à ne pas se reconvertir », a souligné Jean Pralong, psychologue, titulaire de la chaire « Nouvelles carrières «  à Rouen Business School. Pour bien des salariés, la reconversion est une forme de déclassement. « Le parcours traditionnel sans à coup reste dans la tête des salariés le parcours normatif et d’élite des gens biens alors que les parcours hachés sont devenus la règle. Au final, la mobilité interne externe est seulement envisagée comme une solution quand la mobilité interne est bloquée. » Ce n’est pas surprenant  quand on sait que  franchir l’étape du recrutement externe donne des sueurs froides à de nombreux salariés. 

Se prendre en main sérieusement

Changer de métier, même quand c’est fait de manière volontaire, demande un travail sur soi. « Il faut se prendre sérieusement en main si l’on veut mener à bien son projet », a reconnu Catherine Negroni, sociologue, maître de conférence à Lille 3. Elle a décrit un processus par lequel passe l’ensemble des personnes volontaires : une vocation contrée, un désengagement, une période de latence où la personne peut renoncer simplement ou réaménager son rapport au travail afin d’éviter d’entrer en reconversion, une bifurcation basée sur une prise décision actée qui débouche sur des rencontres signifiantes, un réengagement vers un nouvel emploi qui passe souvent par de la formation. »

Ce que pense les employeurs des reconversions volontaires :  
OpinionWay a présenté lors de la journée sur la reconversion organisée par le Conseil d'Orientation pour l'Emploi, le 26 septembre 2013, une enquête détaillée sur les opinions et les attitudes des employeurs face aux reconversions professionnelles. 993 chefs d’entreprises et DRH ont pu être interrogés. Dans les cas de reconversions volontaires, les motifs de départs relèvent dans 71 % des cas de l’amélioration de la qualité de la vie, dans 61 % de celle du statut professionnelle et dans seulement 47 % des cas d’une logique défensive pour sortir par exemple d’un secteur sinistré. Plus généralement 86 % des chefs d’entreprise/DRH qui ont fait confiance à des personnes en reconversion sont satisfaits de la plupart de ces recrutements. Ces salariés seraient plus motivés et plus à même de s’adapter aux évolutions du métier.
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