Tout savoir sur les théories de la motivation

L’institut Map’UP a  publié récemment un livre blanc intitulé  « Paul Diel et la théorie de la motivation ».  Rédigé sous la direction scientifique de Patrick Mollaret du laboratoire de psychologie appliquée de l’Université de Reims (URCA), ce travail de recherche fait un tour d’horizon complet des différents courants  de pensée autour de la motivation. 

Le terme “motivation“ a pour origine latine “motivus“ mobile, qui suggère une idée de mouvement. L’étude de la motivation consiste à analyser la direction et l’intensité du comportement. Et ce travail nous rappelle que de nombreux chercheurs en sciences humaines ont étudié les facteurs qui poussent un individu à agir dans un contexte socio-professionnel.
La théorie des pulsions

Selon la théorie psychanalytique (Freud, 1917) et celle des pulsions (Hull, 1943), tous les comportements son déterminés par un nombre restreint de pulsions physiologiques. Ce n’est qu’à partir des années 1950 que les chercheurs ont apporté la preuve que la motivation était plutôt déterminée par des besoins physiologiques.

 La pyramide des besoins

La vision de Maslow (1943) sur la motivation présente des similarités mais également des différences avec la théorie des pulsions. Comme Freud et Hull, Maslow estime que les individus naissent avec des besoins innés qu’ils tentent continuellement de satisfaire. Mais contrairement à ces deux auteurs, il postule qu’un individu tend à assouvir  des besoins qui sont hiérarchisés. Avant d’atteindre la réalisation de soi, un individu doit satisfaire d’autres besoins (physiologiques, sécurité, reconnaissance sociale, estime personnelle,…).

 Les théories cognitives

En 1932, Tolman est le premier psychologue à avoir proposé une approche cognitive de la motivation. Selon lui, les comportements humains ne sont pas uniquement déterminés par des besoins ou des stimulis de l’environnement. Il postule que les représentations individuelles orientent les comportements vers un objectif précis. C’est un précurseur des théories de l’expexctation-valeur (Eccles, Adler & Kaczala,1982 – Wigfiled  & Eccles, 1992).

Pour Harter (1978), tous les individus essayent d’avoir une certaine maîtrise pour satisfaire leur besoin de compétences. Elle a notamment analysé les conséquences des succès et des échecs sur la compétence perçue.

 La théorie de l’autodétermination

Les motivations intrinsèques et extrinsèques occupent une place centrale dans la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 1985, 1991)  qui permet de comprendre la nature de nombreux dysfonctionnement dans le monde du travail.. La nature de l’engagement d’un athlète ou d’un salarié dans une activité permet de faire la distinction entre ces deux types de motivation. Un individu intrinsèquement motivé décide de s’investir dans une activité pour le plaisir, l’intérêt et la satisfaction qu’elle lui procure. Au contraire, un sujet extrinsèquement motivé pratique une activité afin d’obtenir des bénéfices liés à l’engagement dans une activité. Dans ce cas celle-ci n’est pas une fin en soi.

Un salarié intrinsèquement motivé n’est pas seulement motivé  par des facteurs externes (primes, argent, reconnaissance sociale,). Il accomplit des tâches avant tout pour ce qu’elles lui procurent en terme de réalisation de son potentiel et d’accomplissement de soi. Il cherche alors à être l’initiateur de ses propres actions, à interagir efficacement avec son environnement et à se sentir en possession des compétences appropriées. Il a aussi besoin de se sentir lié à d’autres individus afin de pouvoir être objet de leur sollicitude.

Un individu extrinsèquement motivé peut s’investir dans une activité même si elle ne lui procure aucun plaisir. Les facteurs extrinsèques peuvent correspondre à une pression externe telle que la recherche d’une récompense, un ultimatum, ou une date limité, la surveillance d’un supérieur ou encore des évaluations régulières.

Un individu amotivé est quelqu’un qui n’arrive pas à mettre en relation ses comportements et les conséquences qui lui sont associées. Estimant qu’il a peu de contrôle sur ses propres actions, il ne persévère pas face à la difficulté. L’amotivation est souvent reliée au phénomène de burn-out (Laguardia & Ryan, 2000).

Une bonne connaissance des théories de la motivation peut permettre par exemple à un recruteur lors d’un entretien qualitatif et semi-directif  avec le candidat de situer à quel degré les facteurs intrinsèques et extrinsèques sont présents dans le discours. C’est essentiel de pratiquer ainsi pour les postes à responsabilité où il est nécessaire de faire preuve de créativité et de finesse puisque l’autodétermination peut faire la différence en terme de performances.

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