Le travail fait sa révolution

Le travail est en train de changer de visage brutalement. «  Nous vivons moins une crise de l’emploi qu’une révolution du travail », affirme Denis Pennel, directeur général de la Ciett (la fédération mondiale des services privés pour l’emploi). Ces propos peuvent paraître provocateurs. Ils annoncent simplement la fin d’un modèle d’emploi unique, l’émergence d’une époque où le CDI à temps plein n’est plus la norme, où les formes atypiques du travail prennent le dessus sur les formes traditionnelles.

L’enjeu est de refonder notre contrat social parce que nos structures sont devenues obsolètes. Comment réinventer de la sécurité et de la stabilité dans des carrières par définition chaotiques, discontinues ? Comment s’adapter à la nouvelle nature du travail ? Comment répondre à une meilleure prise en compte de l’individualité sur le lieu de travail ? Denis Pennel fait quinze propositions qu’on retrouve dans son ouvrage « Travailler pour soi » publié au Seuil. Voici celles qui ont retenues mon attention.

  • Singulariser la relation de travail et dépasser le lien de subordination : Il faut repersonnaliser la relation de travail, laisser plus d’autonomie au travailleur et encourager la prise de risque. De plus en plus, il est demandé à l’individu d’être un acteur actif de son développement professionnel. Pour cela il doit pouvoir influer sur les décisions qui impactent sa propre existence. Fini donc le lien de subordination, vive le lien de collaboration au sein de laquelle les deux parties se mettent d’accord sur les objectifs à atteindre et les moyens pour y arriver à travers un mode de mangement collaboratif.
  • Ne pas employer les individus seulement pour leurs compétences mais aussi pour leurs talents : Les politiques RH doivent prendre en compte les spécificités intrinsèques des individus : qualifications, compétences, habiletés, personnalité, centres d’intérêt extraprofessionnel, engagement sociétal. Et dans un marché du travail en transition, les salariés doivent être assimilées à des personnes en devenir : La capacité et les possibilités d’apprendre sont primordiales tout comme la possibilité de développer des compétences transférables, d’une entreprise à l’autre.
  • Sécuriser les parcours professionnels et non les emplois : La sécurité professionnelle doit aujourd’hui être imaginée à l’échelle du marché du travail, et non plus au niveau d’un emploi ni même du travail. Il faut développer des assurances contre les risques de perte d’emploi, de déqualification, de chômage de longue durée mais aussi permettre aux individus d’alterner des périodes de travail et de formation. Les transitions sur le marché du travail doivent être facilitées en établissant des primes à la mobilité professionnelle.
  • Organiser la protection sociale à l’aune de l’intégralité d’une vie professionnelle : Et non plus en fonction d’un contrat de travail ou d’un statut professionnel. L’objectif est d’établir un droit du travail et de la sécurité sociale modernisé qui sache s’affranchir de la diversité des statuts et contrats d’emplois. Aux Pays-Bas, un système d’épargne tout au long de la vie professionnelle a été mis en place depuis dix ans. L’argent peut ainsi être utilisé pour toute forme de congé non rémunéré.
  • Mettre fin à la dichotomie des statuts de salarié et d’indépendant  en créant un droit de l’activité professionnelle : Il s’agit de remplacer le droit du travail par un nouveau droit couvrant toutes les catégories de travailleur, du plus subordonné au réellement indépendant. Ce nouveau droit définira un socle de droits communs à tous mais avec la possibilité d’instaurer des surplus de protection pour les travailleurs les plus vulnérables.
  • Renforcer le rôle des intermédiaires sur le marché du travail : A l’instar des sportifs et des artistes professionnels, chaque individu devrait pouvoir compter sur un imprésario ou un agent public ou privé  pour l’assister dans la gestion de sa carrière professionnelle : aide pour accéder à un travail, soutien pour retrouver un emploi, coaching, formation, …
  • Elargir la multiactivité alors que le travail se parcellise : Il serait bon d’encourager la possibilité d’exercer plusieurs emplois simultanément sous différents statuts (étudiant/travailleur, salarié/bénévole, retraité/travailleur). Le développement de l’autoentrepreneuriat doit être encouragé car à l’avenir un nombre croissant d’individus devra créer son propre emploi. 
Publicités

Une réflexion au sujet de « Le travail fait sa révolution »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s