Attention à la rechute après un burn-out

« Aujourd’hui on est burn-aouté, fatigué et déprimé dès que l’on se sent submergé par le travail et ses conséquences délétères » explique François Baumann, fondateur de la société de formation thérapeutique du médecin généraliste et expert reconnu en matière de burn-out. Auteur du guide anti burn-out et de burn-out quand le travail rend malade, il vient de publier un troisième ouvrage sur le sujet « L’après-burn-out » où il nous livre l’infaillible recette – composée de neuf ingrédients – qui conduit à la rechute.

Un jour, c’est l’incendie

Le burn-out est du à un excès de travail mais traduit surtout la difficulté à se fixer des limites. Maladie du siècle, il s’étend aujourd’hui à une multitude de métiers et est l’aboutissement d’un état de stress chronique : On se vide, on se consume tout en montrant une façade intacte alors que le feu couve à l’intérieur. Puis un jour, c’est l’incendie qui brûle tout sur son passage et le corps ne répond plus…Comment récupérer le goût de vivre alors qu’on se sent totalement vidé et épuisé ? Les plus nombreux vont surmonter leur burn-out de façon définitive à condition de prendre un certain nombre de précautions. D’autres vont le dépasser mais se sentir fragiles et vulnérables parce qu’ils n’auront pas su tirer les leçons de leur premier burn-out. Quelques uns vont aggraver leur cas et entrer soit dans un stade de dépression chronique soit mettre fin à leurs jours.

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La recette pour rechuter

Neuf ingrédients sont nécessaires pour arriver à une récidive complète du burn-out.

  1. Une reprise trop précoce de son activité : Il faut respecter un temps de cicatrisation pendant lequel les différents symptômes sont sensés disparaître. Sous traitement et avec le repos, l’illusion d’être à nouveau opérationnel peut être trompeuse.
  2. Une ambition qui n’est pas remise en cause : Si l’on ne met pas de côté les ambitions qui ont mené à l’épuisement émotionnel, on aura des difficultés à se réadapter. L’apprentissage de l’humilité et d’une meilleure connaissance de ses limites est indispensable.
  3. Ne plus être attentif à ses propres besoins : C’est souvent être capable de ne pas mépriser les activités physiques au profit des activités intellectuelles.
  4. Se laisser déborder à nouveau par ses engagements : Quand on reprend ses activités, le risque est de se retrouver confronté au surplus d’efforts et à toute cette surcharge qui nous avait fait craquer.
  5. Se concentrer uniquement sur le travail : Prendre du temps pour soi dans une activité choisie pour le plaisir qu’elle apporte permet d’éloigner l’épuisement
  6. Etre dans le déni : Il y a danger à oublier ce que surmenage et stress veut dire. La barque risque alors en toute bonne foi d’être trop chargée et de chavirer.
  7. Réapparition du cynisme et de l’humour noir : Cet humour mal placé met les interlocuteurs dans un état de malaise. Corriger cette attitude est vital car elle signe une récidive des différents troubles occasionnés par le burn-out.
  8. La déshumanisation de la relation : Quand on devient de plus en plus imperméable au critiques, qu’on n’accepte plus aucune remise en cause, on est sur une mauvaise pente.
  9. Lutter contre un sentiment d’inutilité et d’incompétence : A force de récidives, on voit venir le spectre de l’épuisement total
Pris par une angoisse du vide

Les causes de récidive sont nombreuses : la recherche illusoire du zéro défaut, le harcèlement au travail… Parmi les nombreuses histoires de burn-out, j’ai retenu celle de Marc qui a déjà récidivé deux fois en quelques années et qui n’a pas su identifier les raisons de son excès d’activité. Il montre une fragilité psychique et des difficultés relationnelles. Hyperactif, il néglige les appels de son corps (crises de larme, insomnie, mal au ventre et à la tête…) Il est pris par une angoisse du vide quand il s’arrête. Il se leurre en cherchant pour se valoriser à donner aux autres ’image du courage et de l’abnégation et de la volonté. Il n’est jamais dans la réciprocité dans la conduite de son travail et laisse peu de place au autres dont il recherche pourtant l’admiration. De cela, il doit prendre conscience d’urgence sous peine de faire une troisième récidive. 

Pour soigner le burn-out, François Baumann évoque plusieurs pistes : « Le travail sur soi et la restructuration personnelle à travers une thérapie, l’utilisation des groupes de parole et le coaching plus personnalisé qui permet de redonner confiance à celui qui ne sent plus en mesure d’affronter le monde du travail mais aussi les collègues et la hiérarchie. » Il faut faire preuve de vigilance par rapport à certains traits de caractère qui nous ont fait dériver. A l’image du perfectionnisme. Il faut se rappeler également que le burn-out est une maladie insidieuse qui ne montre pas tout de suite son vrai visage. Et que pour se reconstruire, une attention particulière est indispensable à tous les symptômes inhabituels que l’on peut présenter. Comme des sinusites, des bronchites ou des infections qui se répètent à un rythme suspect. 

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