Les émotions, facteur de réussite au travail

En France, dans le monde du travail, les émotions ont une mauvaise réputation. Il est mal vu de les montrer au bureau ou en réunion. On a tendance à les laisser au vestiaire ou aux oubliettes pour montrer qu’on est fort ou ne pas faire de vague. Elles nous font peur parce qu’on se sent incapable de les réguler. Reconnaître nos propres sentiments et ceux des autres est pourtant un atout. Nos émotions sont une ressource que nous ne pouvons ignorer que nous pouvons utiliser

Le siècle du quotient émotionnel

Aux yeux de Daniel Goleman, le père de la théorie de la gestion intelligente des émotions, le QI (Quotient intellectuel) d’un individu n’interviendrait au mieux que pour 20% dans les facteurs de réussite. Le reste serait du au facteur émotionnel. Pour Christopher Haag, professeur en comportement organisationnel à l’EM Lyon, le XXI éme siècle sera celui du Quotient émotionnel. « Si on est engagé sur son QI, on fait carrière sur son QE » écrit-il dans génération QE. Il vient de réaliser le premier mooc dédié à l’intelligence émotionnelle du manager. L’auditeur est guidé pas à pas sur la voie de la compréhension de son quotient émotionnel et du rôle positif qu’il peut jouer dans le management. « Le manager émotionnellement intelligent sait se décentrer de ses seules aspirations et désirs personnels. Il sait que le bonheur de chacun passera par le bonheur collectif », souligne-t-il.

Apprendre à écouter ses émotions

Nos émotions nous fournissent des informations pour nourrir des relations intelligentes avec les autres et pour créer du lien. Elles sont d’abord des indicateurs de satisfaction ou d’insatisfaction. Elles nous informent qu’il se passe quelque chose dont il faut tenir compte. La colère qui monte, le doute qui nous assaille, la tristesse qui nous saisit, la joie qui nous envahit contiennent un message qui nous est adressé. A nous de le décrypter sans jugement et sans se projeter sur l’autre. Il faut apprendre à écouter ses émotions et à les clarifier pour se dégager de l’agitation qu’elles peuvent provoquer. On doit par exemple être alerté quand on ressasse en permanence ce qu’on aurait pu dire à son patron ou à ses clients. On doit l’être aussi quand nos émotions nous paralysent et ne trouvent pas le moyen de s’exprimer d’une manière recevable.

Les émotions sont comme des chevaux sauvages

Pour gérer un conflit, une saine colère a plus d’impact que feindre l’indifférence ou marquer son mépris. Encore faut-il pouvoir la contrôler ! Car les émotions sont comme des chevaux sauvages qu’il faut pouvoir dompter. Le danger est d’être rapidement submergé, de regretter ensuite des propos outranciers, voire de déraper constamment. L’attitude la plus positive consiste à gérer ses émotions en fonction de la situation et de son interlocuteur. On n’exprime pas ses émotions de la même manière avec un collègue, un supérieur hiérarchique, un client fidèle… ou avec son chien.

Vous pouvez vous poser les questions suivantes : Etes-vous embarrassé par vos émotions au travail ? Prenez-vous le temps de les écouter pour mieux comprendre ce qui se passe ? Que vous disent-elles sur vous et sur les autres   ?

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