Avoir une vocation

Notre vocation, c’est notre raison d’être

« J’ai beau suivre un chemin balisé, je sens que je suis fait pour autre chose. » Si la vocation ne s’impose pas d’elle-même, faut-il creuser en nous-mêmes pour trouver une réponse alors que d’autres ont trouvé une réponse sans avoir besoin de se poser la question ? Si ma vie professionnelle ne me satisfait pas comment faut-il s’y prendre pour sortir de l’impasse ? Si j’aime telle activité, tel type de situation, pourquoi ne pas chercher à les reproduire en choisissant un métier qui s’y prête ? Faut-il suivre ses passions ou ses inclinations pour trouver sa vocation ?

 La vocation à travers les âges

La vocation est une notion qui connaît ses heures de gloire au XVIIIe siècle, particulièrement dans la théologie protestante. Elle fait référence à une mission d’ordre divin que l’élu reçoit de Dieu et qu’il doit sa vie durant réaliser. On parle de vocation religieuse ou artistique basée sur un appel, celui de Dieu ou des Muses. Parmi les activités artistiques s’impose, dans les représentations dominantes, la nécessité d’une vocation, d’un dévouement à un idéal ou à une cause. Dès lors une force supérieure (la passion ou le don) s’imposerait aux artistes quelles que soient leur origine ou leur histoire. I Elle s’imposeraient aussi à d’autres : Un médecin ou un professeur auraient ainsi vocation à soigner ou à enseigner. En réalité, chacun a vocation non pas à être un génie mais à être quelqu’un et à faire quelque chose qui a de la valeur.

La vocation dans le monde actuel

Connaissez-vous la fable du maçon ? On demande à trois d’entre eux ce qu’ils font

  • Le premier maçon répond : « je pose des briques »
  • Le second maçon réplique « je bâtis une bibliothèque »
  • Le troisième maçon ajoute : « j’édifie le temple du savoir »

Les trois maçons de la fable font la même chose mais ils ne voient pas leur travail de la même façon. Le premier a un gagne-pain, le second un métier, le troisième une vocation. Les personnes interrogées par Amy Wrzesniewski, chercheuse au pôle management de l’Université de Yale n’ont eu aucun mal à déterminer auquel des trois maçons elles s’identifiaient. A part égale, les adultes en activité ont estimé avoir

  • Un gagne-pain : mon travail répond à une nécessité économique au même titre que manger ou dormir.
  • Un métier : mon travail est utile et indispensable au bon fonctionnement de la société
  • Une vocation : mon travail fait partie de ce à quoi j’attache le plus d’importance.

Les adultes en activité qui se disent dotés d’une vocation ont nettement plus la niaque que ceux qui assimilent leur emploi à un simple gagne-pain ou à un métier. Ils ont l’impression de construire une œuvre dans laquelle ils se retrouvent totalement. Ils sont en général plus satisfaits de leur emploi et de leur existence.

Ce qui compte est la façon d’envisager son job

On peut seulement nourrir l’ambition de gagner honnêtement sa vie et ce n’est pas un mal. Seulement la plupart d’entre nous aspire à autre chose. Le désespoir de celui qui doit consacrer le plus clair de son temps à un travail vide de sens ressort du témoignage de Nora, 28 ans, chargée de rédiger des brochures pour une mutuelle : « Je ne travaille vraiment que 2 heures par jour et je fais semblant le reste du temps. Pourtant rien ne me plairait plus qu’un travail dont l’utilité justifierait que je m’y consacre même à la maison…Je ne crois pas avoir de vocation pour l’heure à part être moi-même mais personne ne va me payer pour ça. En attendant, je reste à la mutuelle. »

Ceux qui ont une vocation n’exercent pas automatiquement un métier plus utile que celui de Nora. Les recherches d’Amy Wrzesniewski indiquent clairement que les vocations ne dépendent pas des intitulés de poste. Elle s’attendait par exemple à que très peu de secrétaires se disent dotées d’une vocation. Elle en trouva pourtant un nombre quasiment égal qui identifiaient leur travail soit à un gagne-pain, soit à un métier ou soit à une vocation comme dans les autres professions. En somme, la façon d’envisager un job ou un poste compte plus que son intitulé. A peu près n’importe quel emploi peut se résumer à un gagne-pain ou répondre à l’inverse à une vocation.

Le pouvoir sans limite de la question « Pourquoi ? »

Écoutons ce que dit Elon Musk, le P-dg de Space X, qui voit l’avenir de l’homme dans les étoiles : « On doit savoir pourquoi on se lève le matin. Pourquoi on vit ? A quoi ça sert ? Qu’est-ce qui nous inspire ? A quoi ressemble l’avenir ? Et si l’avenir n’est pas dans les étoiles, si l’humanité ne devient pas une espèce interplanétaire, alors je trouve ça incroyablement déprimant »

Ceux qui perçoivent le dessein de leur vie, ont la force de traverser les périodes difficiles tout en appréciant les meilleures. Mais bien des personnes ne connaissent pas leur raison d’être. Simon Sinek a créé un mouvement pour inspirer les autres à faire ce qui les inspire (il est l’auteur de l’un des TED talk les plus vus de l’histoire des TED talks). Pour lui La question POURQUOI ? est une question dont le pouvoir est sans limite. Pour les individus comme pour les organisations, connaître son POURQUOI permet d’être inspirant, créatif, productif et heureux.

Le Pourquoi c’est notre raison d’être et notre raison d’être c’est notre vocation. Ce n’est pas plus compliqué que ça. La raison d’être de Walt Disney était de divertir et de conquérir le cœur des gens. Elle lui a permis de toujours aller de l’avant en réalisant des dessins animés puis en imaginant des parcs d’attraction.

Et vous savez-vous quelle est votre raison d’être, et donc votre vocation ? Si vous la découvrez, elle sera pour vous un moteur qui vous fera avancer dans la bonne direction de manière permanente.

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